Mila et la liberté d’expression: la Ligue réagit

Pour la liberté d’expression.
Il n’y a pas d’« affaire Mila ».

La Ligue de l’enseignement se félicite qu’une solution administrative ait pu être trouvée pour que la jeune lycéenne Mila, insultée et agressée localement et sur les réseaux sociaux, retrouve une situation adaptée pour la poursuite pacifiée de sa scolarité.
Qualifiant les propos qui lui ont été reprochés, le parquet de Vienne a déclaré :
« l’enquête a démontré que les propos diffusés, quelle que soit leur tonalité
outrageante, avaient pour seul objet d’exprimer une opinion personnelle à
l’égard d’une religion, sans volonté d’exhorter à la haine ou à la violence
contre des individus à raison de leur origine ou de leur appartenance à cette communauté de croyance ».

D’emblée, la Fédération de la Ligue de l’enseignement de l’Isère, où réside Mila, a rappelé qu’« il est possible de critiquer ou d’insulter une religion, ou toute autre croyance et conviction philosophique ou politique, sans encourir de poursuites ».

La Ligue de l’enseignement s’est de longue date engagée pour la liberté d’expression. Dans le cadre de ses Rencontres laïques, elle a consacré une
journée complète, le 5 juin 2019, à ce sujet. Les vidéos des interventions sont en ligne dans notre édition « Laïcité » sur Mediapart. Cette liberté s’exprime dans le domaine religieux et philosophique. Sans reprendre le terme « blasphème », notion qui n’existe plus dans le droit positif français.

La jeune femme a usé de sa liberté d’expression. Elle en a le droit. Les menaces de mort sont inacceptables et punissables. Mila doit pouvoir poursuivre ses études et vivre sa vie en paix. Il n’y a pas d’« affaire Mila ».

La Ligue de l’enseignement est un mouvement d’éducation populaire laïque dont les activités impliquent plusieurs centaines de milliers de personnes. Elle est aussi un mouvement d’idées. Refusant les imprécations, nous sommes ainsi résolument engagés dans les débats sur ce thème. Dans ce cadre, nous entendons les personnes qui pratiquent paisiblement leur religion et qui souhaitent, eux aussi, exprimer leur point de vue. La liberté d’expression est intimement liée à la liberté de conscience, religieuse ou philosophique. Dans une République laïque comme la nôtre, la pratique et l’expression religieuse sont garanties. De même, la critique des religions et des philosophies est libre. Seuls les discours de haine visant expressément des personnes sont interdits.

Sachons en parler tous ensemble…

Situation économique : les voyants repassent au vert à la Ligue 29 !

A l’issue de 2 années financièrement difficiles pour la Ligue 29 (2017 : – 8 000€ ; 2018 : – 52 000€), une réorganisation du centre fédéral avait été engagée tout début 2019 afin de rétablir la situation tout en préservant les innovations en gestation ou déjà en cours (Atelier IDEAL, développement numérique, groupement d’employeurs…). 

Le suivi budgétaire au fil des mois laissait penser que la situation était maîtrisée, que les mesures prises étaient suffisantes… C’est confirmé !  L’année 2019 connaît donc un excédent supérieur à 10 000 € tandis que le Conseil d’administration vient de voter un budget réaliste à +51 000 € pour 2020, avec effet en année pleine des mesures déjà prises. Nul doute que les élus de la fédération en charge du pilotage comme les professionnels du centre fédéral veilleront, chacun dans son domaine de responsabilité, à poursuivre la reconstitution des fonds propres légèrement engagée en 2019 !

Service National Universel : la Ligue 29 avec les signataires !

Le débat est animé autour du SNU… Ecole du Vivre ensemble ou opération de conformation des jeunes sous la tutelle de l’armée…Une tribune signée par Eric Favey, ancien Président de la Ligue de l’enseignement, en compagnie de Philippe  Meirieu, Robin Renucci, Marie Duru-Bellat, Laurence De Cock, Sonia Basset du Mrjc…   

Lire la tribune parue dans Le Monde du 9 février :

Elections municipales : la Ligue s’exprime pour des politiques ambitieuses

Pour que la vie associative soit reconnue par les futurs élus, pour que nos associations soient soutenues par les pouvoirs publics locaux, la Ligue s’engage :

  • par le plaidoyer, que chaque association peut utiliser localement, du Mouvement associatif de Bretagne présidé jusqu’à la fin 2019 par la Ligue 29 :
  • par des tribunes signées localement avec d’autres partenaires :
  • par des lettres adressées aux candidats ces derniers jours par plusieurs associations du réseau Ligue, comme celles du Foyer Laïque de Saint-Marc ou de la Maison de quartier de Lambézellec à Brest :

L’Actu de février 2020 – Edito

Dans un mois, nous connaîtrons les nouvelles équipes municipales élues par nos concitoyens… La commune est le pivot de notre organisation territoriale même si de plus en plus la communauté de communes (d’agglomération ou la Métropole) prend le relais. C’est dans nos communes que nos associations, avant tout, agissent et constituent le lien social, culturel, sportif… souvent le moteur qui rend cohérente et apaisée notre société. Seuls ou avec d’autres associations sur les territoires, n’hésitons pas à le rappeler aux candidats qui sollicitent nos suffrages. Ils doivent nous reconnaître comme éducateurs et acteurs de la vie démocratique. Rappelons les chantiers que nous avons souhaités ou ouverts, nos réussites, notre contribution au rayonnement de la commune. Prenons position localement…

C’est aussi ce que nous avons fait nationalement sur le service national universel (SNU) ou « l’affaire Mila » ainsi que le montrent les premières brèves ci-dessous :

Migrants. De l’état des lieux à la mobilisation

Chaque jour des associations locales, des militants de la Ligue « regardent l’immigration et l’exil en face ». Soirée de sensibilisation auprès des adhérents, accueil de jeunes migrants au sein d’activités sportives ou culturelles, prêt de salles, participation à des collectes, partenariat avec des associations organisant l’hébergement… des associations de notre réseau inventent les moyens, parfois modestes, de manifester de la solidarité.

Pour les humanistes laïques que nous sommes, il est vraisemblable qu’une des qualités de l’humanité de demain se construira par la qualité de l’accueil des migrants et exilés d’aujourd’hui.

Un questionnaire visant à faire un état des lieux de ce qui se fait au sein de notre réseau dans notre département va vous être adressé dans les tout prochains jours.

Il s’agit ici de voir comment nous pouvons nous mobiliser, tout en ne changeant pas l’objet de nos associations, afin de contribuer à cette solidarité au quotidien.

Cette dynamique existe aussi ailleurs en France où des associations ou des fédérations de la Ligue en sont les acteurs.

Il est temps de construire une politique nationale, départementale et locale ainsi qu’une philosophie de l’action pour la Ligue, fondée sur les actions des associations en lien éventuel avec les partenaires associatifs spécialisés qui souhaitent ce travail commun avec un mouvement d’éducation populaire généraliste et laïque.

Pour atteindre le questionnaire, c’est par ici.



Le réseau de la Ligue au service de la Laïcité

Dans une société où la frontière entre le croire et le savoir devient de plus en plus ténue, la loi du 9 décembre 1905 portant séparation des églises et de l’Etat et posant le principe de Laïcité de la République, est bien d’actualité. Au niveau national un communiqué signé par de nombreuses organisations syndicales, politiques et associatives est paru sous forme d’appel, le 9 décembre.  Dans le Finistère, autour de ce 9 décembre, notre réseau a été très actif, comme par exemple à Locmaria-Plouzané ou à Penmarc’h.

Animation théâtrale à l’école de Keriscoualc’h

A l’école de Kériscoualc’h à Locmaria Plouzané, on s’attache à fêter chaque année l’anniversaire de la loi. L’amicale laïque et les enseignants de l’école ne sont jamais à court d’idées pour sensibiliser les enfants aux principes de la laïcité.  Cette année, les enfants étaient mis en scène.

Les élèves de Keriscoualc’h mobilisés pour la Laïcité

Conseillés par l’animatrice théâtre de l’amicale, les enseignants ont concocté des saynètes et des chansons illustrant l’article 9 de la charte de la laïcité.

La laïcité implique le rejet de toutes les violences et de toutes les discriminations, garantit l’égalité entre les filles et les garçons et repose sur une culture du respect et de la compréhension de l’autre. »

Pendant plus d’une heure, les enfants des CM2, CM1 et CE2 sont devenus acteurs pour exprimer à leur façon ce que représente le respect de l’autre.

Très motivés, ils se sont parfaitement impliqués dans leurs rôles.  Une vraie réussite citoyenne ! L’enthousiasme des enfants était tel que le spectacle sera rejoué le mardi 28 janvier devant les parents.

Un arbre de la Laïcité planté à Penmarc’h

Plantation d’un Arbre de la Laïcité à Penmarc’h.

A Penmarc’h, l’amicale laïque a su convaincre le Maire de planter un arbre de la laïcité afin de symboliser l’engagement autour de cette loi. A la suite du Maire et avant Yves Roussin, Président de l’amicale laïque, Didier Bélier, Président de la Ligue 29 y a prononcé les mots suivants, devant de nombreux élus et représentants des amicales laïques du territoire :

« Depuis plusieurs années, le mouvement laïque se mobilise autour du jour anniversaire de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, le 9 décembre. Il s’agit, en ce 9 décembre, d’illustrer et de défendre les principes et les valeurs laïques, en particulier la liberté de conscience.

Aujourd’hui, la plantation de l’arbre de la Laïcité, ce beau geste symbolique est évidemment inspiré par les arbres de la liberté qui affirmaient la souveraineté du peuple dès la Révolution.

L’arbre est un puissant symbole par son enracinement, par sa fière verticalité et par son feuillage protecteur. L’arbre de la laïcité s’inscrit dans l’histoire populaire et dans la mémoire révolutionnaire. La laïcité comme garante de nos libertés est mise à l’honneur, contre les conceptions de ceux qui la réduisent à des interdits.

Depuis un certain temps, nous pouvions avoir le sentiment que le traitement de la question laïque s’était enfermé dans une sorte de ritualisation des approches et des oppositions entre ceux qui y voyaient une liberté, une démarche d’émancipation et ceux qui, enfermés dans une logique identitaire, ne la percevaientt que comme un outil justifiant l’interdiction de tout ce qui troublait leur conception. Et puis, subitement, il y a quelques mois une surprenante agitation réformatrice s’est invitée dans le débat public, alimentée par la chronique de l’action gouvernementale. Il conviendrait, toutes affaires cessantes de réformer, de réviser ou d’amender la loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des Églises et de l’État. Les principales organisations associatives ou syndicales laïques se sont émues d’un tel projet et ont clairement manifesté leur opposition à une telle initiative.

Les urgences suscitées par le mouvement des « gilets jaunes » paraissaient avoir modifié l’ordre des priorités de ce gouvernement et bouleversé les agendas. Les temps étaient à des revendications plus sociales, telles l’amélioration du pouvoir d’achat des plus pauvres ou la recherche d’une plus grande justice fiscale. Quelle ne fut donc pas la surprise des destinataires de la « Lettre aux Français » écrite par le président de la République qui, l’ayant lue jusqu’au bout, constataient que la question, évacuée par la porte refaisait son retour par la fenêtre. Juste après avoir évoqué la question de l’immigration, la question suivante était posée : « Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’État et les religions de notre pays ? »

Au-delà de la formulation, l’on pouvait se demander ce que recouvrait la référence aux rapports entre l’État et les religions et non plus entre les cultes ou les Églises. Ce basculement d’un débat institutionnel à un débat idéologique n’était pas neutre. Était-il, une nouvelle fois, question de « réparer » le lien qui se serait « abîmé » entre l’Église et l’État comme cela avait été évoqué par le Président de la République, le 9 avril 2018, au Collège des Bernardins ? Se retrouvait-on dans une logique identique à celle évoquée par Nicolas Sarkozy, en 2007, dans son discours consécutif à la réception du titre de chanoine laïque du Latran.

Plus que de réécriture, d’amendements ou de modifications de la loi de 1905, ce qui importe d’abord c’est d’en comprendre la genèse et la philosophie, seules de nature à en comprendre la portée, profondément contemporaine du texte. Une telle démarche permet, également de dénoncer les accaparements et les travestissements dont elle est l’objet.

Réécrire la loi de 1905 et porter atteinte aux principes qu’elle pose, serait une faute.

Depuis 114 ans la loi de 1905 a garanti une paix religieuse intelligente, y toucher c’est prendre le risque d’en rompre l’équilibre subtil. Le contexte politique de l’heure est lourd du risque de voir l’ouverture d’un débat parlementaire s’apparenter à celle de la boîte de Pandore, chacun cherchant à y intégrer ses fantasmes ou ses détestations. Nous avons pu le constater avec l’épisode du port du voile d’une maman accompagnant une sortie scolaire et au moment du rassemblement dit « contre l’islamophobie ».

Il convient d’éviter toute démarche qui conduirait à faire qu’une loi de liberté devienne une loi d’interdiction.

Car c’est une nouvelle fois, la religion musulmane qui est interpellée, stigmatisée.

La religion musulmane, dans ses manifestations variées, est une des composantes de la diversité culturelle que connaît notre pays. Dans le cadre de notre République indivisible, cette diversité est une richesse. Dans une écrasante majorité, nos concitoyens de religion musulmane acceptent les lois de la République. Ils connaissent le sens et les bienfaits, pour la liberté de penser et l’égalité de tous, de la séparation des Églises et de l’État. Ils savent toute l’importance d’être citoyens d’un pays dans lequel la neutralité de l’Etat garantit la primauté de l’intérêt général.

Des territoires peuvent connaître des enfermements communautaires qui doivent être combattus. Mais notre République est aussi une République sociale. Ce qui menace l’unité de la société, c’est à la fois le fanatisme religieux, le racisme, l’antisémitisme, l’insuffisante mixité sociale et scolaire qui favorise les replis et les constitutions de groupes homogènes, les discriminations et l’inégalité persistante et croissante des conditions de vie. Laisser ces questions sous le tapis serait une grave erreur. On aurait tort de considérer que ces questions sont secondaires et qu’il suffirait de se référer aux principes et valeurs de la République pour les régler.

La laïcité, n’est pas une option philosophique ou spirituelle, c’est un principe d’organisation politique qui permet justement à tous les choix philosophiques ou spirituels d’exister et de s’exprimer, dans les seules limites prévues par la loi et l’ordre public.

Est-il besoin de rappeler l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, qui stipule que « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.»

Prévenir le harcèlement à l’école

La Ligue intervient à la demande des établissements scolaires afin de prévenir le harcèlement. Comme pour les autres domaines d’intervention « égalité filles-garçons », « enjeux d’Internet », « Citoyenneté »… il ne s’agit pas de réparer mais bien de contribuer à l’éducation des jeunes Finistérien.ne.s.

C’est en janvier 2019 que Morgane Ropars et Lena Le Du, animatrices du Centre fédéral de la Ligue 29 ont mené un projet de sensibilisation autour du harcèlement, au lycée des métiers du bâtiment de Pleyben. La quinzaine d’élèves, tous volontaires, ont échangé vigoureusement et se sont pleinement investis dans la création d’un scénario et d’une vidéo choc. L’idée étant de participer au concours national « Non au Harcèlement », il fallait que cela interpelle le public. Personne n’est à l’abri de se retrouver harcelé, harceleur ou témoin. La vidéo, arrivée dans la sélection finale, a été primée au niveau régional et ses auteurs félicités par le Recteur d’académie, en mai dernier.

Cette année encore, l’établissement se mobilise de la même façon pour le plus grand enthousiasme des jeunes. Leur participation active est même récompensée puisque le jury régional du concours 2020 aura lieu au lycée. Certains acteurs de l’an dernier ont d’ailleurs été sollicités pour en être membres. Les résultats seront connus courant mars.

Formation des bénévoles : communication et numérique le samedi 7 mars

Dans le cadre des « Pik-niks numériks » une session de formation de bénévoles aura lieu le samedi 7 mars de 9h à 17h à l’Atelier IDEAL, animée par Régine Roué et Hervé Lestideau.

Une journée conviviale pour faire le point sur ce que veut dire communiquer pour nos associations, avec des temps communs d’échange et de reflexion et des ateliers pratiques (réaliser une affiche, publier simplement un site internet, rédiger pour le web et les réseaux sociaux…

Modalités
Quand : Samedi 7 mars de 9h à 17h
Où : à l’Atelier IDEAL (la Ligue de l’enseignement – 61 rue de Pen ar Menez – Brest)
Midi : pique-nique en commun sur le principe de l’auberge espagnole
Tarif : gratuit (formation soutenue par le FDVA)
Inscriptions : rroue@laligue-fol29.org