Edito : Ma liberté... fout le camp.

mercredi 27 mai 2020
par  André Fitamant
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Depuis l’allocution présidentielle du 16 mars et sa transposition dans la réalité, l’atteinte aux libertés de réunion et de circulation est sans précédent. La conséquence de ces mesures touche tous les domaines sanitaire, éducatif, social, psychologique et économique.

Dans un pays « en guerre » contre le Covid-19 nul ne remet en cause la nécessité de ces mesures théoriquement limitées dans le temps,« la première des libertés étant le droit à la vie », mais aux contraintes paternalistes et parfois infantiles, un appel aux responsabilités de chacun aurait été plus citoyen.
Ainsi les droits fondamentaux des citoyens passent de plus en plus souvent après les questions de sécurité, un état de fait qui se banalise dans les esprits. La banalisation d’un état d’urgence fait qu’au bout d’un moment les gens s’habituent aux atteintes aux libertés. On constate un net recul des libertés depuis l’état d’urgence de 2015 prononcé à l’issue des attentats terroristes.La balance entre liberté et sécurité est cassée.
« Personne ne voyait le danger ; vous le voyez quand vous êtes un opposant politique empêché de manifester ou un musulman assigné à résidence ou quand vous subissez une perquisition sur dénonciation » (P. Spinosi, avocat au conseil d’état).
La sortie de l’état d’urgence en novembre 2017 se fait au prix du basculement de plusieurs de ses mesures dans le droit commun de la lutte antiterroriste. Ce texte valide l’expansion constante des pouvoirs de police administrative instaurant un principe selon lequel les agents du gouvernement peuvent trier parmi les citoyens ceux qui sont admis ou non à manifester (cf gilets jaunes).

Nous sommes égaux sans distinction de sexe ou d’origine ; la liberté de conscience est absolue et avec elle le droit de ne pas avoir de religion ou d’en changer, de manifester, de contester. Ne laissons ni les préfets, ni les évêques, ni les mollahs nous dirent quoi faire et quoi lire, ni les ministres nous sermonner. L’ordre social et l’ordre moral proclamé au non du bien (!), relayé par les médias est un enfermement dans une servitude consentie.
Les inconvénients de la liberté, même chèrement payés, ne l’emporteront jamais sur ses avantages.


A vos agendas :
L’Assemblée Générale 2020
de la Ligue de l’enseignement du Finistère
se tiendra à Léchiagat le samedi 29 août.